La saeta

 

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Dans ce poème plastique qu’est La Saeta, Romero de Torres reprend l’expression de la Semaine Sainte andalouse pour décrire la plénitude de son sentiment et la profondeur de sa tragédie. Il s’est inspiré du texte de la saeta populaire cordouane du Santo Cristo de Gracia.

Señor de Gracia te pido. (Monsieur de Gracia je vous prie.)

Echad la cara atrás. (Rejetez la tête en arrière.)

A los ciegos dadles vista. (Donnez la vue aux aveugles.)

Y a los presos, ¡libertad! (Et la liberté aux prisonniers.)

Une fois encore, on note la présence des maîtres du baroque qui ont tant influencé la formation de l’artiste dans la manière de traiter cette scène. Au centre de la composition pyramidale, Amalia Fernández Heredia, cette danseuse de Cordoue connue sous le nom d’Amalia la gitane. Vêtue d’un habit noir et d’une mantille, elle lève ses mains et le visage vers le ciel, dans une attitude de prière. Elle est agenouillée sur un prie-Dieu, dont les ornements reprennent certains détails de l’œuvre de Valdés Leal, La Virgen de los plateros, et qui s’achève avec un fragment du tableau El Calvario (Le calvaire) du peintre cordouan Antonio del Castillo.

Au fond, deux processions créent le lien entre le premier plan, celle de l’Hermandad de Nuestra Señora de los Dolores Coronada et Santísimo Cristo de la Clemencia et celle du Santísimo Cristo de Gracia et María Santísima de los Dolores et Misericordia.

Des demeures du patrimoine cordouan complètent la composition.

L’œuvre a été exposée en 1919, à la Sala Majectic Hall de Bilbao à l’occasion de l’exposition individuelle consacrée à l’artiste de Cordoue.

Mercedes Valverde Candil.
Directrice des Musées municipaux de Cordoue.